Aux armes citoyens !

Posted by Guillaume Bigot |14 Jan 15 | 0 comments

Aux armes citoyens !

 

Le service militaire est suspendu, un décret peut le rétablir. Il faut avoir ce courage au nom de l’égalité et de la fraternité.

« C’est la mer » s’était exclamé de Gaulle en découvrant la foule le jour de la libération. C’est une houle d’une même ampleur qui s’est levée le 11 janvier 2015. Le pire serait que cette océan de bonne volonté se retire et que tout recommence comme avant. Comment l’éviter et comment faire que les promesses du 11 janvier soient tenues ?
Avant de proposer une mesure concrète et décisive, rappelons une vérité rassurante : 20 % des militaires et des policiers français sont de confession musulmane. Pas un seul ne s’est tourné vers le djihad. Pourquoi ? Parce que des hommes en uniforme et en armes possèdent nécessairement un esprit de corps, se considérant comme des égaux (l’égalité) et comme des frères d’arme (la fraternité). Sous les drapeaux, ils appartiennent tous à une communauté, fière et pleine de traditions.

Pour bien comprendre le sens et l’efficacité de la mesure que l’on va proposer, que l’on regarde cette autre réalité en face. Et celle-ci est terrifiante : 22 % de ceux qui font le voyage pour grossir les rangs de Daesch sont des convertis. Preuve irréfutable que l’aboulie post-moderne, doublée d’une fascination pour la violence, peut déboucher sur un vide que seul le fanatisme le plus pur sait pour l’instant combler. Une dialectique mortifère entre un zombie qui doute et a peur de tout (nous, les agressés) et un fanatique qui ne doute et n’a peur de rien (eux, les agresseurs) s’est bel et bien enclenchée. Ce n’est pas un choc de civilisation, c’est un clash entre vide et trop plein, entre néantisme et totalitarisme.

Une cause à servir, fondées des certitudes inébranlables, dans un cadre strict, qui transcende le matérialisme et l’individualisme, en exaltant l’héroïsme, voilà ce qui séduit dans le poison islamiste. L’antidote doit en tenir compte.

Le service militaire a été suspendu en 2002. Un décret suffirait à le rétablir. La jeunesse se retrouverait, sans distinction de race, ni de religion, sous un même drapeau.

Jeunes banlieusards et enfants des beaux quartiers porteraient le même uniforme et seraient placés dans un même cadre.

Dans identité, il y a identique. Dans notre devise, il y a aussi égalité et fraternité.

Il faudrait aussi appeler les femmes sous les drapeaux. Certaines jeunes filles des cités devront ainsi retirer leur voile, au moins pendant quelques mois.

Pour l’adapter aux exigences de l’heure, il faudrait donc que ce service exclu tout passes droits. Il pourrait également être plus court. La fascination exercée par les armes et la discipline qui est celle de l’armée sont telles que quelques mois de « classe » suffiraient à transformer nos jeunes en soldats.

Ce rétablissement du service militaire peut s’opérer en un an (les sous officiers et les officiers qui encadreront et formeront leurs collègues appelés sont à recruter). Cette décision audacieuse mais réaliste réduirait le risque djihadiste, casserait la dynamique communautariste et ressouderait la jeunesse.

Nombre d’études en attestent, là où le service militaire a été maintenue, les djihadistes sont proportionnellement moins nombreux (ils l’étaient moins en France avant son abolition et plus nombreux en Belgique, ils le sont plus désormais en France qu’en Allemagne). Un autre phénomène est également très documenté : depuis la suspension du service militaire en France, les violences physiques contre les personnes ont augmenté de manière exponentielle.

Le rétablissement du service national, militaire ou policier, est donc aussi fondé sur le plan de la sécurité. Car nous n’en avons pas fini avec les troubles intérieurs et extérieurs. Des barbares s’en sont déjà pris à des synagogues ou à des journaux. Des salauds commencent à s’en prendre à des mosquées. Daesch n’est pas très loin des lieux saints et l’Arabie Saoudite est un fruit mûr. Disposer de troupes en nombre ne sera pas inutile pour prévenir et, si besoin, contenir des troubles.

En initiant la jeunesse au maniement des armes, on fera baisser le niveau de violence dans notre société. On répondra que nous avons le service civique et qu’il suffit de le généraliser. Contre sens. L’enjeu consiste bien à transformer des pulsions agressives en force, canalisée et autocontrôlée. Freud l’a magistralement démontré pour la sexualité : il ne faut pas nier les pulsions mais les sublimer. Le besoin de servir un idéal, d’appartenir à un territoire et à une communauté fière, comme l’instinct de violence que les Grecs appelaient celui de Thanatos, doivent être domestiqués, bref, transformer en patriotisme.

La jeunesse a besoin d’un rite initiatique. C’est une constante anthropologique. Que voulons-nous à la fin ? Ne plus être des hommes ? On rêve d’une paix civile qui ne sera défendue que par des professionnels entraînés. On rêve. On se réveillera en plein cauchemar si nos ennemis continuent à faire des recrues. Les états majors se récrieront : Nous n’avons plus les moyens ! Et bien qu’on les leur redonne. La paix civile vaut bien une dette. Le peuple a applaudi les forces de l’ordre. Mai 68 est donc dépassé au sens hégélien. Mais en démocratie, la force, c’est le peuple.


No Responses

Leave a Reply